IDEE RECUE N° 3 (extraite de « PME Innovez »)

IDÉE REÇUE N°3

 

Si j’innove, je prends des risques financiers

« Le risque, c’est la vie même. On ne peut risquer que sa vie. Et si on ne la risque pas, on ne vit pas »

Amélie Nothomb

Origine de l’idée reçue

Jusqu’à la fin des années 90, la plupart des projets d’innovation technologique dans les PME étaient réalisés quasiment à 100 % par de l’autofinancement. Il y avait très peu d’aides publiques et les banquiers se montraient frileux eu égard à l’incertitude des résultats. Ne pouvant s’assurer totalement face aux risques estimés, les banques préféraient appuyer les investissements traditionnels. Les projets supposés trop risqués pouvaient donc être écartés. Ce climat a sans nul doute accentué, voire installé l’idée que l’innovation technologique était financièrement dangereuse.

Pourquoi réfuter cette idée reçue ?

1. Parce que ne pas innover vous coûte encore plus cher

Si vous voulez innover, partez du principe que votre PME doit être dans une situation financièrement saine. Se lancer dans l’innovation, en ayant déjà des problèmes financiers, c’est évidemment dangereux. Il est vrai que sur le plan comptable, si l’entreprise a misé sur l’innovation, et que cela n’a pas fonctionné, elle devra en subir les conséquences financières. Vous lancer un tant soit peu dans l’innovation, c’est former vos équipes, regarder ce que vos concurrents sont susceptibles de faire. Prendre le risque d’investir, et ne pas réussir du premier coup, c’est quand même obtenir des réponses à vos questions. L’entreprise peut être ensuite gérée différemment, à la lumière de ce qui a été constaté. Et personne ne l’attaquera sous l’angle sur lequel elle a échoué.

Mais comparons ces risques financiers à ceux qui consistent à ne pas innover. Si vous ne faites rien, si vous préférez le statu quo, si vous ne projetez pas votre entreprise dans l’avenir, sous prétexte de ne pas prendre de risque financier, croyez-vous qu’elle va durer ? Maîtrisez-vous votre destin ? Ne vous faites pas d’illusion, tôt ou tard, vos concurrents proposeront des idées nouvelles, un confrère apparaîtra avec une innovation qui vous mettra à mal, qui tuera votre marché ou le transformera. Vous n’élargirez pas le savoir de vos équipes. Celles-ci ont un savoir-faire, elles le garderont, mais elles en resteront là. Rapidement votre entreprise sera dépassée et son éventuelle avance fondra comme neige au soleil.

Quand on raisonne innovation, il est toujours intéressant de comparer deux scénarios : le « scénario innovation » et le « scénario fil de l’eau ». Le fil de l’eau, peut se résumer ainsi : « Je continue, je me laisse porter tel qu’aujourd’hui, je n’en fais pas moins, je n’en fais pas plus ». Au final, il suffit de calculer le risque de faire, par rapport au risque de ne rien faire. Le rôle du chef d’entreprise étant d’évaluer les risques, il se doit d’avoir en tête les deux scénarios. Ajoutons même que le principal risque d’une entreprise, c’est d’être dirigée par un patron qui n’a pas évalué le risque du « scénario fil de l’eau » au regard du risque du « scénario innovation ». Cela peut être considéré comme une erreur de gestion. Innover, c’est entreprendre. Entreprendre, c’est prendre des risques.

Évidemment vous innoverez dans votre domaine. Si vous êtes dans la mécanique, vous n’innoverez pas dans la charcuterie. Si vous investissez dans une innovation qui concerne votre secteur d’activité, vos équipes et vous-même évolueront dans votre savoir-faire et partirez à la conquête de marchés que vous n’auriez jamais approchés si vous n’aviez pas innové. Vous mesurerez aussi les résultats collatéraux qui apparaîtront après coup, et que vous ne manquerez pas d’exploiter.

L’un des résultats les plus gratifiants est l’amélioration du savoir de vos collaborateurs. Vous conserverez plus probablement chez vous des collaborateurs que vous n’auriez peut-être pas pu garder si vous n’aviez pas cherché à innover. En innovant, vous faites aussi passer des messages de dynamisme auprès de vos partenaires et de vos concurrents.

Donnez-vous les moyens d’entrer dans l’innovation à pas mesurés. Dès les premières étapes d’un processus d’innovation, des résultats se font sentir sur beaucoup de plans (vision, marché, raisons de sa position, mobilisation des équipes…). Ainsi, l’appréciation du risque change radicalement et de nouveaux horizons s’ouvrent.

2. Parce que innover, c’est prendre des risques sur les hommes, sur les positions de marché, sur l’image de l’entreprise et par rapport aux concurrents.
Les risques sur les hommes :

  • en innovant, vous leur donnez de la motivation et du challenge. Vous attirez les talents. Vous les faites progresser. L’innovation a des vertus pédagogiques.
  • si vous n’innovez pas, les hommes s’ennuient. Vous les cantonnez dans un statut sans évolution, sans ambition. Ils craignent pour leur poste quand vous embauchez de nouveaux collaborateurs. Vous vous ajoutez des coûts de formation.

Les risques sur votre position marché :

  • quand vous innovez vous êtes en avance, vous donnez de la valeur à votre offre, vous vous mettez en adéquation avec les besoins.
  • au fil de l’eau, vous perdez des clients, votre position s’érode, vous risquez d’être inférieur à l’offre du marché.

Les risques sur votre image :

  • quand vous innovez vous attirez l’intérêt. La communication coûte moins cher, on parle de vous sans que vous cherchiez à le faire.
  • si vous n’innovez pas, vous n’apportez rien, vous n’intéressez pas les journalistes, donc pour vous faire connaître vous devez payer.

Les risques par rapport à vos concurrents :

  • si vous innovez, vous obligez les concurrents à bouger. Vous pouvez les prendre à contrepied. Vous créez des barrières.
  • si vous n’innovez pas, vous êtes totalement prévisible. Votre offre est connue. Vous subissez fatalement une érosion de vos marges au fil des ans. Vous devez justifier de plus en plus vos avantages, vous devient votre prix intéressant, c’est au détriment de vos marges.

Donc si vous évaluez le montant des risques potentiels d’un scénario au fil de l’eau, vous vous apercevez que vous perdez beaucoup d’argent. Vous ne faites rien, donc les risques vous semblent nuls, pourtant la démonstration précédente peut vous aider par déduction à approcher l’estimation de votre capacité financière à innover. Compte tenu de ce que vous perdez en ne bougeant pas, vous pouvez avoir a contrario une idée de ce que vous pouvez investir. Sans parler de ce que l’innovation peut vous apporter en plus.

3. Parce qu’aujourd’hui l’aide à l’innovation dans les PME est devenue un acte politique à part entière

Aujourd’hui, tous les politiques quand ils partent en campagne, parlent de PME et d’innovation. Parce qu’ils ont bien compris que pour préserver l’emploi et faire passer les PME d’un stade de petit à un stade moyen puis grand, il n’y a pas d’autre solution que de passer par l’innovation. Parce qu’ils sont en concurrence avec leurs homologues nationaux et internationaux, ils sont près à « mettre le paquet » sur l’innovation. Depuis quelques années d’ailleurs, les évolutions de subventions, les pôles de compétitivité mis en place le sont pour pouvoir aider et financer la recherche à destination des PME. C’est la même chose sur le plan européen.

Ils l’ont fait

1. Une approche incontournable, les aides OSEO (www.oseo.fr).

OSEO s’est réorganisé pour faciliter l’accès des PME à l’innovation (à tous les stades). Né du regroupement de l’ANVAR et de la BDPME, OSEO soutient vos projets de Recherche et Développement et favorise l’innovation technologique en proposant trois principaux dispositifs de financement :

L’Aide à l’Innovation

L’Aide à l’innovation est une aide financière, sous forme d’avance à taux zéro, qui vous permet de financer jusqu’à 50 % du budget de votre projet innovant. Le montant de l’aide dépend de l’envergure de votre projet et couvre l’ensemble

des dépenses (étude de faisabilité, dépôt de brevets, recherche de partenaires, etc…) liées à la mise en œuvre du projet. Ce dispositif est remboursable uniquement en cas de succès technique et commercial de votre projet.

– L’Aide au Recrutement pour l’Innovation

Le recrutement d’un ingénieur pour mettre en œuvre votre projet R&D est soutenu par OSEO C’est une subvention qui couvre jusqu’à 50 % des dépenses liées à la première année suivant l’embauche.

La nature des dépenses éligibles correspond aux :

. salaire brut

. charges sociales patronales

. coûts de formation et de prestations auprès de centres de compétences

Ce dispositif s’adresse au recrutement du premier ingénieur puis en renforcement de votre service R&D.

– Le Label « Entreprise Innovante »

OSEO délivre une qualification, appelé « Entreprise Innovante », qui consiste à attester de la politique d’innovation de votre entreprise. Le Label « Entreprise Innovante » est obligatoire pour l’entrée au capital de fonds d’investissements de type FCPI (Fonds Communs de Placement pour l’Innovation).

Cinq conditions doivent être réunies pour prétendre au label « Entreprise Innovante » :

. compter moins de 2000 salariés

. être soumise à l’impôt sur les sociétés

. avoir son siège social dans un Etat Membre de la Communauté Européenne

. ne pas avoir un capital détenu majoritairement par une ou plusieurs personnes morales ayant des liens de dépendance avec une autre personne morale

. ne pas être coté sur un marché réglementé (hors Alternext)

 

Les dispositifs de financement d’OSEO sont soumis à des critères d’éligibilité et attribués sur examen de dossier qui doit nécessairement démontrer :

. les travaux de R&D et les problématiques qui vont être rencontrées

. le résultat escompté (les retombées économiques)

. les prévisions financières

Le versement des aides est fonction de l’avancement de votre projet, basé sur état des lieux qui porte à la fois sur la présentation des différentes étapes accomplies du projet et sur la justification des dépenses effectives.

2 – De nouveaux soutiens sur le plan des aides institutionnelles

Les règles de Minimis ne s’appliquent pas à la recherche et au développement. Les aides institutionnelles peuvent être de n’importe quelles sommes, elles ne sont pas cumulables avec les aides soumises au régime de Minimis. Vous avez beau vous installer dans une zone franche, vous êtes limités sur les aides que l’Etat, la Région, le Département ou la Ville, peuvent vous apporter. Mais quand il s’agit d’innovation on est en dehors des règles de Minimis (voir détail en annexe 4)

De nombreuses aides sont accordées aujourd’hui aux PME innovantes tant par l’Etat, que les territoires ou l’Europe.

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